Bulletin de politique culturelle et sportive | septembre 2018

Des rédactions qui ferment, une manne publicitaire qui s’effrite, un domaine qui essaie de se recomposer autour de la donne digitale: le monde des médias en Suisse romande ne se porte pas bien, comme d’ailleurs en Suisse et dans le monde.

Dans le cadre de mon année de Mairie, j’ai donc décidé d’organiser #ACTMedia, soit une journée de réflexion pour penser l’avenir de la presse, ce bien culturel indispensable à notre démocratie.

Et de réunir pour cela journalistes, éditeurs, spécialistes académiques des médias, élu-e-s sur les plans local et national, mais aussi toutes celles et tous ceux qui souhaitent réfléchir à cette problématique. Cette journée a été articulée autour de deux grands débats, trois conférences et un hackathon, car il m’est apparu indispensable de mobiliser l’intelligence collective et d’engager un processus participatif. C’était vendredi 14 septembre au Musée d’ethnographie et vous pourrez retrouver l’ensemble en vidéo d’ici quelques jours dans le dossier consacré à la mairie de la Ville de Genève.

Le but de cette journée était de dégager des pistes nouvelles de réflexion, de «décentrer» le regard pour aborder autrement l’épineuse question du soutien – direct ou indirect – à la presse. De poser également les premiers jalons d’une démarche devant assurer une pluralité de la presse nécessaire à notre démocratie. Et de débattre de la Loi sur les médias électroniques (LME) actuellement en discussion.

A l’issue de cette journée, des pistes intéressantes se dessinent.

Premièrement, la proposition de mettre en place des Etats généraux des médias au niveau des cantons et des villes de Suisse romande suscite un réel intérêt, car cela permettrait une véritable concertation sur les outils d’aide directe ou indirecte à la presse.

Deuxièmement, les participant-e-s aux cinq ateliers organisés dans le cadre de l’hackathon – que je remercie chaleureusement pour leur créativité, leur implication et leur assiduité tout au long de la journée – ont élaboré des pistes de réflexion qui méritent d’être suivies. Mais c’est surtout avec grand plaisir que j’ai constaté la naissance d’une dynamique propre à chaque groupe, avec l’envie de poursuivre les travaux engagés lors de cette journée!

Enfin, le débat consacré à la future LME a permis d’éclaircir les enjeux et le cadre dans lequel cette nouvelle loi s’insère. Le premier étant que l’aide directe aux médias reste un sujet qui ne fédère pas la majorité du Conseil national. Et le deuxième que cette loi ouvre quand même la porte aux médias écrits, locaux ou nationaux, pour des demandes de soutien spécifique à leur activité en ligne.

Je remercie bien entendu l’ensemble des participant-e-s à cette journée et me réjouis de la suite qui lui sera donnée. L’enjeu – le maintien d’une presse de qualité – en vaut la peine!

Sami Kanaan

Lire le bulletin complet